Les feles de feydeau

Voici notre petit cadeau de Noël : du 16 au 31 décembre, deux pièces en un acte du grand Feydeau.

C’est peut-être bien Feydeau le plus fêlé ! 

Rarement un auteur est allé aussi loin dans la folie, le non-sens, l’absurdité, faisant voler en éclats (de rire) toutes les conventions du théâtre.

Dans « Gibier de Potence », parodie baroque et dérisoire d’une enquête policière complètement ratée, les personnages courent après un supposé criminel qui n’a fait qu’oublier son parapluie. Ils arriveront tout de même à se convaincre qu’il est  bien l’assassin recherché mais à quel prix ! Cette courte pièce, (ce bijou) n’a presque jamais été jouée. Tout part de travers, rien ne tient debout et c’est d’ailleurs le parti-pris qu’ont choisi les comédiens, le seul possible sans doute.

« Le Mal Joli » (doux euphémisme pour exprimer les terribles douleurs de l’enfantement), est aussi un petit chef-d’œuvre en un acte avec pourtant de nombreux tiroirs. On pourra y lire une satire amusée des rapports de couple quand la réalité cruelle vient remplacer les doux délices naissants de l’amour. Mais on y verra aussi (et c’est peut-être ce qui est trop souvent oublié dans cette pièce,) une guerre des classes désopilante dans laquelle les parents de la primipare, tout droit sortis d’une aristocratie effroyable, reprochent à leur roturier de gendre d’avoir osé faire un enfant à leur fille ! Ce gentil Toudoux va tout supporter : humiliation, tromperie, dégoût, moqueries… mais on le verra aussi se révolter in extremis et retourner en trois secondes une situation que l’on croyait perdue.

Chapeau Feydeau !

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